L’impression 3D ouvre de nouvelles voies de création aux auteurs

Pour un nouvel ADN de l’objet

Avec la vulgarisation de l’impression 3D, les artistes et designers seront-ils tous victimes de la contrefaçon ? Rassurez-vous : une technique de traçabilité des originaux a déjà été inventée !

Beaux-Arts Magazine – N° 405 – Mars 2018 – Article de Claire Fayolle

«L’impression 3D ouvre de nouvelles voies de création aux auteurs. Mais nous voulons encadrer la production afin de limite les abus – faux et contrefaçon. »

L’avertissement est lancé par la Société des auteurs dans les ans graphiques et plastiques (ADAGP), via son directeur Juridique, Thierry Maillard. Cette société de gestion des droits, chargée d’assurer la defense et le rayonnement de l’ensemble d’une œuvre, se dit vivement préoccupée par l’accessibilité des procédés et les possibilités infinies de reproduction non autorisée que ceux-ci permettent désormais.

Apparue dans la première moitié des années 1980, la fabrication additive d’un objet consiste, à partir d’un fichier 3D, à l’imprimer par couches successives de matière. Utilisée à l’origine par l’industrie pour élaborer des prototypes, celle-ci a maintenant conquis un public plus large. Elle s’accompagne également d’un net perfectionnement des outils disponibles et du développement d’entreprises spécialisées dans la modélisation des objets et des services d’impression 3D en Ligne. Grâce à la technique du scanner 3D, l’objet produit peut s’avéré être très fidèle a l’original. Les sculpteurs et les designers sont particulièrement concernés, insiste ainsi Thierry Maillant. « Même les peintres le sont ». renchérit-il. Avant de rappeler, à titre d’exemple, la technologie mise au point pur Fujifilm et utilisée par le musée Van Gogh pour la reproduction en 3D haute résolution de certaines œuvres de l’artiste a destination des collectionneurs.

 

Une signature inscrite dans la matière

L’ADAGP a commencé à se pencher sur la question de l’impression 3D, il y après de quatre ans. En interrogeant des industriels du secteur, elle a prit conscience de leur méconnaissance du monde de l’art comme des règle élémentaires du droit d’auteur. C’est ainsi qu’a émergé l’idée d’une « charte des bonnes pratiques dans le domaine de la fabrication additive appliquée à l’art et au design ».

Les documents préparatoires évoquent un document concret et pédagogique, auquel chacun pourra se référer. Son but : rappeler les règles en vigueur dans le code de la propriété intellectuelle, proposer des solutions pour les respecter et définir des engagements destinés à prévenir des abus (respect du droit d’auteur, traçabilité…). Une mission a été officiellement lancée en Juillet 2017 par le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA),  instance consultative chargée de soumettre des recommandations à la ministre de la Culture. Elle a été confiée au conseiller d’État Olivier Japiot, dont le rapport a été rendu en décembre dernier. Catherine Gorgé, Secrétaire générale du groupe Prodways, spécialisé dans les Imprimantes 3D, et directrice de la division dédiée à la création. a veillé. à la demande de l’ADAGP. à ce que lee, exigences de cette dernière soient applicables concrètement. Prodways a étudié ce qui était techniquement réalisable pour assurer la traçabilité d’une pièce originale.

Une œuvre – la seule au monde aujourd’hui – a ainsi été fabriquée en impression 3D tout en étant dotée d’un Identifiant directement inscrit dans la matière.

Son auteur, l’artiste brésilien Jaildo Marinho compare ce marqueur à « une sorte d’ADN » preuve d’authenticité de cette sculpture produite par le groupe Prodways. Cette solution uniquement lisible aux rayons X, est une proposition parmi d’autres, mais c’est un début prometteur pour rassurer les créateurs.